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Heaven Sent [PV Frozen]

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Ren'bo Kyouran'

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MessageSujet: Heaven Sent [PV Frozen] Mer 25 Jan - 23:20

Une journée qui semblait comme une autre, emmerdante à souhait… J’aime mon boulot, je ne peux pas dire le contraire, mais je n’arrive pas à m’entendre avec tout le monde, ce qui amène parfois une certaine animosité, surtout lorsque nous nous retrouvons tous l’esprit plongé au cœur de réflexions particulièrement complexes. Heureusement, que les résultats, lorsqu’il y en a des probants, permettent de compenser totalement la frustration issue d’autant d’heures de travail. Seulement, nous étions arrivé au carrefour de nombreux projets qui permirent d’attirer l’attention d’entités on ne peut moins recommandables. Ce n’est pas comme si ces circonstances nous avaient pris entièrement au dépourvu, des protocoles ont été établis depuis des plombes pour faire face aux pires situations imaginables, et pourtant… La tête collé à l’écran de cette machine, je ne pouvais que me confronter au même dépit. Trente fois, trente répétitions de la même putain de boucle temporelle… Et j’avais toujours l’impression que cette journée venait de commencer quelques heures auparavant. Bon sang, le résultat est sans appel, nous sommes coincés là, en compagnie d’une créature sur laquelle nous avons travaillés des jours et des semaines durant pour faire face à l’attaque sur les labos. Ce qui était censé être l’aboutissement du protocole de défense ultime se révèle maintenant être notre pire cauchemar, nous ayant plongés dans une boucle temporelle pour nous tuer encore et encore sans nous permettre de nous souvenir de quoi que ce soit à chaque réveil. Le lieu reflétant à chaque fois un peu plus notre passage répétitif, confirmant le résultat aberrant que m’afficher cet écran.
Par moment, j’entendais la créature hurler depuis le hall, mais que pouvions-nous y faire ? Nous avons conçus cet être pour qu’il soit invincible et très probablement immortel…
Frozen m’avait rejoint lorsque nous sommes venus ici sans grande raison apparente si ce n’est de m’accompagner pour faire attention à ce que je deviens dans cette guerre naissante. Au-delà du réconfort que cela m’apporte de savoir qu’il reste encore une personne vivante qui se soucie de savoir si je vais mourir ou non, je n’espère pas qu’elle me prend pour une pendule au point de croire que c’est la seule raison de sa présence ici. Peu importe… Aujourd’hui, nous sommes bloqués ensemble dans cette boucle et nous allons nous en sortir ensemble. Quand je l’ai récupéré, j’ai essayé de lui montrer par tous les moyens possibles, qu’ils soient mathématiques, sentimentaux, ou autres, qu’il est indispensable de se serrer les coudes pour traverser des épreuves particulièrement difficiles, j’espère qu’aujourd’hui, elle a bien retenu certains de ces conseils car si l’on veut avoir une infime chance de s’en sortir, si tant est que l’on trouve une faille, il va falloir mettre tout ce qu’elle sait en pratique.
Dix scientifiques, deux expériences, voilà l’ensemble de notre groupe représentant la chair fraiche et comestible pour l’abomination qui parcourt la moitié de ces vieux labos. Avec douze cerveaux, nous allions bien réussir à trouver quelque chose ! Une idée ? Une hypothèse ? Un simple indice peut-être ? Pour l’instant, c’était un océan de dérision presque artistique. Foudroyés par une peur se répétant tout autant que cette foutue boucle temporelle, la plupart d’entre nous, moi compris, n’étions pas dans notre élément ni en conditions pour travailler de manière propice à produire le moindre résultat pouvant prétendre à susciter suffisamment l’intérêt afin que tout le monde reprenne confiance en soi et pousse la recherche dans ce sens, et possiblement réussir à altérer le temps…

Altérer le temps… C’est une boucle locale si j’en crois les indications des relevés de ces machines, l’espace autour de nous n’est pas touché par la boucle, seul les individus emprisonnés en subissent les conséquences… Donc, si l’on reste subjectif, la linéarité de cette boucle prend plus la forme d’une spirale qui s’étend à l’infini, et nous sautons de spire en spire, reculant à chaque fois vers le même point. Et si… Ce serait assez dingue à imaginer de manière plus concrète, mais si nous arrivions à faire vibrer notre dimension temporelle, peut-être qu’avec une certaine amplitude nous pourrions rejoindre d’autre point plus hauts ou plus bas de cette spirale et reprendre le cours du temps en d’autres moments, plus tôt ou plus tard, mais de manière paramétrée. Seulement, comment déclencher le saut d’un point du temps vers un autre lorsque ces deux points se croisent ? Là réside toute l’énigme… Je devrais en parler aux autres…

Je me retournais pour sortir de la pièce et me retrouvais nez à nez avec Frozen.

« J’ai peut-être trouvé quelque chose, il faut que j’en parle aux autres. Comment tu te sens ? »
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Blue Ketsurui
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Serpent Poissons

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MessageSujet: Re: Heaven Sent [PV Frozen] Ven 27 Jan - 19:05

[...] ...Attirer quelqu’un d’autre dans le piège. Au vu de la situation, tant pis, tant mieux s’il s’agissait d’un proche. Il fallait faire diversion ou obtenir de l’aide. Dans les deux cas, occuper la créature, la faire chasser d’autres personnes leur laisserai un peu de temps pour trouver un moyen de l’éradiquer. Ils étaient coincés et les quelques heures qu’ils avaient pour le réaliser étaient terribles. Lorsqu’ils ne le savaient pas encore, également, et qu’une peur atroce leur retournait les entrailles sans qu’ils ne sachent pourquoi… L’un équivalait l’autre. Quelque chose déchira le bras de Frozen avant de la couper en deux, tout son corps se figeant dans un ultime éclat de douleur alors que sa conscience se perdait dans un néant presque familier. Le sang corrosif valsant du jeune corps manqua d’atteindre l'Abomination mais ce coup-ci, consciente du danger, elle s’écarta. Elle pouvait se régénérer mais la douleur ne lui était pas étrangère. Elle avait été blessée les premières fois, ne s’attendant pas à ce qu’une de ses proies ait, elle-aussi, ce sang corrosif. L'Abomination émit ce petit rire fier d'avoir échappé au piège. Mais le festin était presque terminé et elle regarda les membres et organes éparpillés dans la pièce. Elle n’avait plus l’appétit pour finir. La traque, en fin de compte, restait le plus passionnant. Mais les proies ne lui résistaient pas tant que cela. C’était peut-être répétitif, peut-être ennuyeux. La créature se pencha vers l'ordinateur laissé allumé, les données défilant sur l’écran relié lui étaient incompréhensibles.
Elle se sentait seule, maintenant qu’il n’y avait plus le moindre bruit dans le laboratoire. Seule… Ou presque. Il y avait cet être. Cet être cheveux couleur cendre. Celui qui lui avais permis d’obtenir tant de pouvoir et qui en avait encore plus.
Il s’approcha de l'Abomination, ses pas émettant un bruit mouillé sur la moquette imbibée du sang des scientifiques. Il déposa sa main sur l'épaule mais l'Abomination se retira, un mélange entre du dégoût et de l’appréhension se lisait sur un visage inconstant, semblant sans cesse s’affaisser, dégouliner sur lui-même. Ils se regardèrent un instant. Celui aux cheveux cendres haussa les épaules.
« Eh bien. Voilà de la reconnaissance. Tu n’as pas tout ce que tu veux ? »

La créature tendit une main humide en direction de la porte. Lysandre sourit puis fit quelques pas parmi les cadavres.
« Patience. Tu n’as pas encore la force de t’aventurer dehors. Combien de temps crois-tu que j’ai passé enfermer ? Au moins tu as plus d’espace. »


A cette époque, Frozen avait souhaité mille fois mourir. A cette époque, la peine était telle que chaque seconde était un pas de plus vers la folie. Son corps tout entier l’entrainant vers cette fin qu’elle désirait ardemment. Plus aucun aliment ne franchissait l’étroit passage de ses lèvres sans qu’il n’en ressorte immédiatement. Son cœur, dont les battements la rendaient sourde, jouait de l’irrégularité, s’amusant à son détriment de la situation pour faire ce qu’il lui chantait.
Elle avait les membres tremblants et le front chaud. Ses yeux, continuellement humides, ne voyaient que flou. Plus qu’une personne qui comptait, elle avait, en perdant Ruko, perdu tout. Sa vie entière avait été dédié à cet être à laquelle elle s’était attaché comme ses gênes le lui avaient soufflée. Sans Ruko, il n’y avait plus aucune raison de vivre.
Les souvenirs perdus ne jouaient qu’en sa défaveur, ses réflexes n’en ayant pas été amoindris pour autant. La raison de sa création, la raison de son existence toute entière… Même si l’évidence restait inconsistante, elle ne pouvait la nier. Elle avait perdu son futur en la perdant.
Et le deuil ne s’estompait pas. Et la douleur ne partait pas. Elle restait, serpent la dévorant vive entre chacun de ses souffles. Elle restait, mélopée funeste trottant, bouillant dans son crâne, lui soufflant d’âpres et impérieuses nécessités.
Si cette période avait été difficile pour Ren’bo Kyouran’, elle l’avait été également pour Frozen qui, perdant l’unique but sur lequel elle avait fait reposer sa vie, se retrouvait seule. Une enfant sans sa mère, un chien sans son maître, une fille sans son amante. Elle ne savait plus bien ce qu’elle était, elle perdait chaque jour un peu plus la signification de tout cela. Tout ce qui lui restait ; cette souffrance ; lui ravissait le plus important : le visage de Ruko qui s’étiolait de sa mémoire. Elle s’y accrochait, s’y pendait en hurlant mais le temps, pire ennemi, prenait plaisir à lui voler encore cela.
C’étaient ses nouveaux ennemis. Le temps, la douleur, ils jouaient contre elle et terminaient ce que Ruko avait commencé. Ils finissaient de la détruire et elle se plaisait à penser qu’ainsi, plus rien ne restera d’elle-même. Le sens avait disparu de ce monde, tout devenait fade et insipide. Même le vomi au fond de sa gorge n’avait plus de goût. L’amertume la dévorait et l’embrouillait parfois assez pour que, entre quelques pleurs, elle attente à ses jours. L’adrénaline et le mal-être d’ensuite ne faisant que s’additionner au tout après lui avoir donné, durant un peu de temps, une nouvelle envie de vivre.

Si Ruko avait toujours été quelqu’un de peu démonstratif, Frozen était son opposé. Être de vivacité et d’expression, elle n’avait jamais vraiment réussi à cacher quoi que ce soit et les sentiments s’exprimaient avec un naturel exceptionnel sur son petit visage. Elle était franche, autrefois optimiste et peu réfléchie. A cette époque, pourtant, ce caractère se révélait sur son pire jour et cette sensibilité accrue qui l’avait jadis rendue si heureuse la poussaient alors dans les tréfonds du ressenti.

Sans personne, elle aurait continué de sombrer, coulant inéluctablement jusqu’à une mort certaine. Sans personne, elle se serait laissé dépérir de manière si logique que l’aller simple vers la fin aurait été rapide et indolore. Cette bataille qu’elle menait contre ses propres sentiments, cette bataille qu’elle menait grâce à ce soutien dont elle bénéficiait alors causait ces ravages. Terminée, cependant, elle laissa des landes ravagées dans le cœur de l’adolescente. Elle se trouva calme, éteinte, mais bien vivante. Le sang bleu corrosif coulait doucereusement dans ses veines, mais il y coulait et c’est un visage fatigué qu’elle releva vers son sauveur, un petit sourire incertain cherchant à germer sur ses traits sans y parvenir encore.

Mais le temps n’était plus à cela.
L’eau avait coulé dans la mer, projetée par la vitesse des torrents. Les années s’étaient écoulées et les alliances s’étaient formées. Ruko était revenue, avant de l’abandonner plusieurs fois encore. Le cœur de Frozen s’était durci, endurci, et, privée de guides, elle avait fini par prendre ses propres initiatives.
La taupe envoyée dans le camp ennemi ne donnait plus de nouvelles. Camille. Elle l’avait bien connu, ce garçon, et ne lui faisait pas plus confiance que ça. A vrai dire, elle ne faisait plus confiance à personne. Si Ruko avait pu lui passer quoique ce soit, c’était cela. Cette éternelle méfiance, ce sentiment de n’être en sécurité avec personne. Izzy ne s’en inquiétait pas, cependant, beaucoup pensaient Camille mort, ou découvert, ou les deux. Il avait laissé au camp une fille qui le pleurait et également d’autres maîtresses, qui se lamentaient de manière plus discrète. Sans nouvelles de la taupe, Frozen s’était portée volontaire. Il fallait encore quelqu’un pour s’assurer que les laboratoires ne préparent pas leur riposte pour le moment fatidique, où tout finira de s’écrouler. Frozen ne partageait pas cette haine de ces entités, qui avait conduit Ruko à sa fin et qui conduisait Izzy dans une spirale tout aussi dévastatrice. Les souvenirs détruits, elle ne se rappelait pas ces blouses blanches au regard glacé, des êtres impassibles qui écrivaient sur leurs carnets les progrès qu’elle faisait en tuant ses frères. Créature de destruction, créature de protection. Crée pour protéger la seule personne qui n’était plus de ce monde. Sa dépendance conçue ne s’agrippant plus qu’à elle-même.
Frozen n’avait plus aucune raison de leur en vouloir et si les Traqueurs tournaient la tête en sentant la marque dans le bas de son dos, cela ne l’effrayait plus. Elle avait fait la paix avec qui elle était, du moins, autant qu’elle le pouvait.

Après avoir annoncé sa décision de partir remplacer Camille, elle fut surprise de constater qu’on le lui déconseillait. Izzy, notamment, était contre cette idée. Elle insista quelques jours, puis abandonna, reconnaissant que c’était surement dans les gênes de la petite de jouer l’agent double. Elle mit avec elle un plan d’action au point et, après lui avoir souhaité bonne chance, la laissa partir. Frozen ne dit pas au revoir à Anyu. Elle tentait même de garder la sonorité de ce nom loin de son esprit. Elle ne voulait pas d’enfants.
Elle partit le cœur presque léger, contente, au final, que le plan le plus logique et le moins risqué ait été de rejoindre et de compter sur Ren. Elle aimait le lycanthrope dans le sens qu’il lui avait sauvé la vie. Il avait veillé sur elle comme un père, au final, et elle le respectait pour cela. Si elle venait pour le trahir, du moins comptait-elle également en profiter pour veiller sur lui en retour et le protéger. Il ne sera pas à compter dans les victimes et ça, Izzy devait s’en douter. Le plus difficile pour la vampire était de contrôler son armée, qui elle, ne savait que ce qu’elle désirait savoir. Des cobayes en quête de vengeance qu’il était très difficile d’organiser mais c’était le jeu, en choisissant le camp des opprimés, de se retrouver avec des soldats guidés par leur ressentiment.

Le trajet pour retrouver Ren’bo, s’il était long, n’était pas bien obscur. Comme tous scientifiques assez anciens dans les laboratoires, Izzy connaissait le protocole d’urgence et savait où se trouvait la base secrète. Elle en avait confié les coordonnées à Frozen, qui n’eut qu’à attendre le lycanthrope peut loin de l’endroit. Pour l’expérience, il n’y avait aucun doute ; Ren’bo ne pouvait que s’y rendre. Tout ce temps passé avec lui avait cet impact qu’elle le connaissait désormais de beaucoup. Elle pouvait anticiper ses actions ; à un certain point naturellement, mais, pour une situation aussi imposante, ses décisions n’étaient d’aucun doute : Ren’bo était du genre à se battre et à riposter. Il ne pouvait que riposter.
Leurs retrouvailles furent un peu maladroites. Elle lui raconta un mensonge, elle qui mentait si mal, mais également sa vérité : Elle était là pour rester avec lui le temps que les problèmes disparaissent. Elle était là pour veiller sur lui, rembourser la dette. Tout cela donna un discours plutôt crédible, car elle-même avait fini par y croire. Elle ne savait que protéger et mettre ses capacités à l’action était une bonne chose. Cela lui plaisait de plus d’être auprès d’un ami. Son sourire resta scotché sur son petit visage et des chansons dansaient dans sa tête. Elle fredonna lorsque le groupe fini par entrer dans la base et elle fredonna en aidant les scientifiques dans leur projet. Presqu’inutile, elle apportait çà et là les objets dont ils avaient besoin. Elle était fidèle, rapide et travailleuse et surtout, pleine d’entrain. Elle regardait la chose se construire avec appréhension et fascination. C’était de cette manière qu’elle avait dû naître.

Si elle ne quitta que rarement l’entourage de Ren’bo, ce n’était pas sans raison. Elle ne s’entendait que très peu, voire pas du tout, avec le reste de l’équipe. Des scientifiques ingrats qui ne la voyaient pas autrement que comme un outil peu efficace. Mais cela ne l’empêchait pas de sourire. Pleurer l’aurait rendue ridicule ; elle se l’interdit. Elle n’avait pas besoin de cela non plus. Malgré tout, des grognements préoccupés lui échappaient parfois lorsqu’elle croisait quelqu’un qui n’était pas la personne appréciée.
Elle avait retrouvé Camille. Amené par l’un des scientifiques, un type étrange aux cheveux cendrés, il ne semblait pas en mauvais état. Ils échangèrent quelques phrases, d’abord craintifs à l’idée de faire savoir qu’ils se connaissaient mais, tout le monde occupés sinon ce dit scientifique qui rôdait parfois un peu trop près, cherchant à épier leurs conversations, les langues se délièrent à un certain point. S’ils ne trahissaient pas leur traîtrise, du moins discutèrent-ils de sujets banals, faisant glisser des informations sur les proches laissés là-bas. Ils finirent par se désintéresser l’un de l’autre et Frozen retourna servir de coursière tandis que des tâches plus basiques étaient assignées à Camille.


Le temps sembla s'éterniser jusqu'au jour où se devait d'être prête la créature. Jusqu'ici, Frozen n'avait nullement donné de signes de vie à Izzy. Enfermée avec le reste du groupe, elle s'était contentée de s'intégrer et d'avancer, pas à pas, sur ce chemin chaotique et sinueux qu'était ses relations avec les autres. Elle n'avait pas souhaité laisser fuir des informations et n'en avais pas eu l'occasion non plus. Cela n'avait, au final, pas tant d'importance pour elle. Elle ne tenait pas tellement à Izzy et l'armée pouvait bien être détruite que la sensation de vide dans son bas-ventre ne disparaîtrait pas pour autant. Elle avait vu l'expérience se créer, vivre et croître. Elle avait même participé à sa création, cette dernière ayant besoin de gênes qu'elle se trouvait posséder pour obtenir les capacités escomptées. Donner quelques cellules ne l'avait pas contrariée mais lorsqu'il s'était fallu transfuser assez de sang pour maintenir l'arme à venir en vie, elle avait fait la grimace. Cela l'avait affaibli et elle n'avait toujours pas récupéré que les choses en vinrent à tourner au drame.
Aymerick Linderberg en sous-entendit l'idée. Lully Reevas la rejeta en bloc mais, au bout de quelques secondes et David Lalouche mort, elle se rua dans la salle des machines. Là, ils constatèrent l'impensable: c'était la Xième fois que cette journée survenait, c'était la Xième fois que tout se déroulait ainsi, la machine ne notant que de légères fluctuations durant les reboots ! Frozen frissonna, se rappelant avec quelle vivacité l'Abomination s'était débarrassée de ses chaînes, ruée sur sa première victime. Elle tourna des yeux inquiets vers Ren'bo.

Là encore, les idées sifflaient, chacun ayant sa propre stratégie personnelle pour se sortir de ce danger. Personne, ou presque, n’entrant en accord, le groupe se dispersait. Ils tombaient les uns après les autres. Jamais de nouvelles de Camille, ni même de Lysandre Ended, ce scientifique qu’elle n’appréciait pas. Ils n’avaient jamais suivi le groupe et restaient dans l’aile de gauche ou celle qui contenait l’Abomination. Certainement étaient-ils déjà morts.

Ce coup-ci, Frozen resta avec Ren’bo. Un réflexe, lorsque le groupe fut divisé et qu’ils partirent trop vite, ne les laissant que tous deux. Ce fut cette seconde de différence qui la poussa à coller le lycanthrope.
Elle le vit non sans appréhension chercher, réfléchir, cogiter et penser pendant qu’elle surveillait la porte, serrant les crocs et les poings. Son souffle vif, ses membres tremblants, couverts de sueur, la trahissaient. Elle n’était pas la plus futée et toutes ces théories lui échappaient vraiment. Son truc, c’était plutôt la bagarre. Elle était sanguine et conçue pour défendre. Se défendre restait une option tout à fait envisageable par la même. Ses oreilles fines entendaient des cris étouffés quelques pièces plus loin. C’était Lully Reevas, la succube mais elle ne broncha pas. Qu’importait ces gens ? Les leçons de Ruko avaient portées ses fruits et elle n’était pas naïve au point de se mettre en danger pour quelqu’un qui n’avait pas d’importance à ses yeux. Mais le danger restait contre elle et tous ses sens étaient aux aguets. Au fond, elle avait beau le nier, après tout ce temps d’inactivité, elle souhaitait se battre.

Ren’bo avait visiblement fini ce qu’il faisait car elle le retrouva face à elle. Elle émit un sursaut suivi d’un gémissement. Forcément, autant de personnes qui meurent si rapidement, ça la mettait sur les nerfs. Il y eut ce moment de flottement où elle enregistra sa question, puis fini par hocher la tête.

« Je vais bien. » Ça pourrait aller mieux, se fit-elle la remarque. « Pourquoi aux autres ? Tu penses qu’ils pourront aider ? » Elle n’avait jamais apprécié le travail en groupe et pensait se débrouiller mieux seule. L’idée de risquer leur vie pour aller trouver ceux qui s’étaient dispersés semblait une très mauvaise idée. Son corps faisait barrage entre elle et la porte alors qu’elle inspectait le visage de son mentor. Après un court instant d’hésitation, elle rendit les armes.
« Bien, j’te suis. » Bredouilla-t-elle tandis que ses oreilles remuaient, à la recherche de nouveaux sons qui lui indiqueraient la position de l’Abomination.

Heaven Sent [PV Frozen]

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