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Huit Siècles

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Amiel Rus
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Lion

Feuille de Personnage
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MessageSujet: Huit Siècles Ven 17 Avr - 15:48

Il regardait le ciel et l'enfer, le vide et le néant... Petit à petit, le temps disparaissait et la rancœur s'accumulait.
Puis un jour, la Raison commença à s'effriter.

Lui qui avait tant vécu... Pour se retrouver dans une telle situation d'échec. Il s'était juré de se venger, de briser tout ceux qui oseraient se dresser contre lui... Un pauvre pion sur un échiquier.
Il s'en était atrocement voulu, il s'était débattu en hurlant des injures à la face du paradis comme des ténèbres. Il s'était vu débile, impotent, inutile. Et il les avait menacés.
Oh que oui, il les avait menacés, il avait scandé sa vengeance d'un sourire plein de haine mais les yeux emplis de doute et de désespoir. Il leur avait juré une lente et douloureuse agonie, à la mesure de sa misérable situation. Il les avait vus en son esprit torturés jusqu'au dernier... Massacrés ! Et il en avait rit, attendant patiemment l'occasion de réaliser ses plans.

Puis il l'avait compris.
Rien n'avait marché comme il l'avait souhaité.
Kizuki était toujours de ce monde, même ça, il n'avait pas eu le courage de l'achever. Puis ce gars, là, Elzeth, qui n'avait fait que jouer avec son âme ...! Il s'était fait piéger, lamentablement.
Et maintenant qu'on avait plus besoin de lui... On l'enfermerait pour le faire taire ?!

Les siècles glissèrent sur sa peau comme des lames de rasoir. Chaque jour, il pleura, chaque jour, il hurla. Il finit par en devenir aphone, il finit par se blottir dans un chuchotement hystérique.
D'aucuns venaient le voir. De temps en temps, un ange dont il ne se rappelait définitivement plus le nom remuait ciel et terre pour s'approcher un tant soit peu de sa cage. Puis il disparaissait et le Déchu alla jusqu'à oublier sa venue.
Bientôt, il n'eut plus de chair ni d'os à briser comme les barreaux de sa geôle. Son corps s'effritait et il ne trouva plus la force de bouger. Il restait assis, enchainé, et on finit par le museler également de peur qu'il hurle à la face du monde des secrets inavouables.

Au fil du temps, son nom même disparut de son esprit. Les visages familiers n'existaient plus. Lui-même n'existait surement plus et la pensée de son existence fut effacée des mémoires au fur et à mesure que ceux qu'il avait rencontré sur son chemin vieillissaient et mouraient. C'était si facile de gommer une existence de ce monde...

Ceux qui gardaient la prison furent remplacés et encore remplacés. On ne savait plus qui on gardait dans cette cellule et l'on s'en fichait un peu. Un traître dangereux pour le paradis, paraissait-il. Il n'y avait qu'à voir la marque de Lilith sur sa joue pour comprendre que c'était vrai. L'enfant de Gabriel n'avait jamais existé.
Ils avaient gagnés.

Et lui voyait la pierre se détériorer de ces murs. Il voyait la rouille envahir les barreaux et la douleur quitter son esprit. Petit à petit, il ne conservait plus d'amertume car sa conscience se tut à jamais. Comme un enfant, il se leva douloureusement et, tirant sur ses chaînes, parcourut d'une frêle main les abords de sa prison. L'Oubli. La raison de son enfermement ? Avait-il seulement jamais vécu en dehors de cette place ? Il sentait l'odeur de la pourriture autour de lui comme un parfum familier, éternel. Aucun souvenir ne demeurait sinon un vague sentiment de douleur qui lui perclus l'esprit, lui soufflant de temps à autre qu'il avait souffert. Mais, heureusement, les sensations s'estompèrent.
Son corps devenait raide, ses yeux étaient éteints depuis si longtemps... Les besoins de faim et de soif, estompés par le Paradis, n'étaient plus. Il ne pensait plus à sortir et si quelqu'un lui aurait ouvert la porte... Il en aurait été le premier effrayé !
Mais personne n'oserait tant risquer pour libérer un traître inconnu. Alors il attendait.

Et la notion même de siècles finit par disparaître.
Il n'était plus qu'un cadavre à peine vivant, au teint pâle et à l'air famélique. Son visage reflétait cette vague tristesse et ses doigts ne bougeaient plus, épuisés d'avoir tant tirés sur ces chaînes.

Huit Siècles

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