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[Flashback] Une histoire de vie et de mort [OS]

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MessageSujet: [Flashback] Une histoire de vie et de mort [OS] Sam 22 Mar - 9:55

Il y avait cette personne qui venait de tout perdre. Ce chien- ce Lycanthrope, en fin de compte, mais un peu trop hybride pour être traité comme un être humain. En Rosaire, il n'y a pas d'esclavage. Mais bienvenue chez les Wolfberg, où les lois passent au travers.
Ken était né en Nekotopia. C'était une ville immense où les voitures faisaient du bruit en passant devant les fenêtres du manoir, du soir au matin. On entendait les gens crier, trimer, parfois pleurer. Sinon une amie, notre personnage ne se souvient de ce lieu qu'un désespoir assourdissant. Il se souvient de cris, de pleurs et de colère. Cette colère qui l'envahissait contre le monde entier car le monde entier l'avait mit derrière des barreaux. Et ce sang, qui coulait dans ses veines, hurlant dans sa tête dans un flot infernal. Ce sang qu'il sentait s'écouler jusqu'en ses griffes. Le Loup, enfin, jamais absent mais toujours présent. Celui qui hurlait à la face du monde cette envie de liberté. Ce besoin pour ces jambes de courir et courir jusqu'à ce que les pieds en saignent. Mais il y avait ces barreaux.
Et le jour où ces barreaux se sont ouvert, Ken est parti en trouver d'autre. Le regard de l'adolescent d'alors, il ne s'en souvient que trop bien. Celui qui regardait autour de lui, jetant un œil méfiant vers ceux qui devaient le conduire vers cette 'autre cage'. Cette envie de partir mêlée à la peur du châtiment, ce besoin infernal enfin de se faire entendre. Le Loup demandant à être entendu.

Un coup dans le ventre, un autre dans la gorge. Ken tomba à terre. La tentative d'évasion venait d'échouer. L'un des deux hommes le prit sur l'épaule et l'amena jusqu'à la voiture. Il se réveilla plusieurs fois au court du trajet jusqu'en Rosaire mais ils prenaient soin de le garder endormi. Ses poignets lui faisaient mal, les liens coupaient la circulation de se sang.
C'était cette demeure immense, ce château qui surplombait un vide éternel. Ken baissa les yeux. Qu'importe, après tout, ce n'était pas comme s'il était attendu de lui qu'il s'extasie devant sa prison ou quoi ! Non, et puis un jour, il trouvera bien le moyen de faire entendre ce loup. Il n'avait jamais rien connu d'autre mais ce loup qui hurlait, il fallait bien qu'il s'exprime. Il fallait bien qu'il leur dise non, sinon... Qui le ferait ?
Un rictus découragé apparaissant sur un visage encore enfantin. L'adolescent se laissa guider. Qu'avait-il à en faire ? Qu'est-ce que le visage qu'il allait servir allait lui apporter ? Rien. Il pourrait autant servir une machine que cela reviendrait au même. Mais cette femme était pire qu'une machine.
Puis vint le jour où elle se maria. Les années s'étaient écoulées comme des gouttes de pluie et personne n'y avait fait attention. Il y avait du découragement dans ces yeux, de plus en plus à chaque tentative d'évasion brimée. Puis il avait finit par se tenir sage, se demandant comment il pourrait mettre fin à cela. Quand il passait devant un miroir, il regardait sa gorge. Puis il savait pour ce couteau d'argent que la maîtresse cachait quelque part. Alors il se demandait s'il ne valait mieux pas tirer sa révérence, quitter ce monde sans but et en finir une bonne fois pour toute avec ce loup en cage. Ken Wolfberg aurait très bien pu finir ces jours ici. Il était décidé et était allé chercher ce couteau, de nuit. Il se serait tranché la gorge avec, d'un coup net, qui n'aurait laissé qu'une coulée rouge sur le sol. Puis cela aurait été fini. Il aurait été libre.
Mais quelqu'un tenait déjà le couteau. Il faisait nuit noire et on ne voyait pas grand chose dans cette salle à manger. Cependant les yeux Lycanthrope de Ken pouvaient distinguer bien des choses dans le noir. C'était une forme féminine qu'il voyait, et il aurait très bien pu la confondre avec sa maîtresse si ce n'était le bruit de sa respiration. L'odeur qu'elle émettait lui permit de l'identifier. C'était une esclave de la maison, une jeune humaine du nom d'Hoshizora. Il n'était pas ami avec le reste du personnel et cela aurait été certainement la dernière chose qui l'aurait intéressé. Mais la grâce de la jeune femme l'avait toujours impressionné, rendu idiot et il avait toujours eu envie de lui faire comprendre à quel point sa présence le gênait alors. C'était donc un mélange d'agacement et de stupéfaction qu'il ressentait en sa présence et, maintenant, plus que tout autre, c'était de la curiosité. Il s'approcha d'elle et lui plaqua la main sur la bouche avant qu'elle n'ait eu le temps d'émettre un cri qui les aurait perdus tous les deux. A ce moment-là, les grands yeux effrayés de la jeune femme lui rappelaient lui-même. Il se revoyait, des années plus tôt lorsqu'il était perclus de haine. Un sourire amusé se dessina sur son visage alors qu'il comprit ce qu'une humaine faisait avec un couteau anti loup-garou !

" Tu ne tueras personne ce soir " Tuer les maîtres, s'enfuir. Le plan étant beau mais impossible car ils avaient quantité d'esclaves dévoués. " Tu serais tuée avant d'avoir pu faire un pas dans leur chambre "

Elle lâcha le couteau mais il eut le temps de le rattraper avant qu'il ne fasse du bruit en tombant à terre. Ken le rangea dans le double-fond où il se trouvait et marcha un peu en compagnie de la jeune femme. Hoshizora avait un visage doux, poupin, orné par de longs cheveux blonds et bouclés. Si ces yeux dans les tons rougeâtre en avaient rebutés plus d'un, Ken les trouvait étrangement rassurant. Les lèvres pulpeuses, vermeilles, de l'humaine outrepassaient de toute manière cette couleur gênante. Elle avait un visage magnifique et c'était pour cela que les maîtres l'avait acquise. C'était un ornement. Et Hoshi semblait bien décider à ne pas se laisser mettre en cage.
Le temps aidant, Ken fini par éprouver une addiction certaine envers Hoshi. C'était un amour profond et possessif. Il ne supportait pas de la savoir éloignée. Les journées de travail étaient insupportable si elle n'était pas dans la même pièce que lui. Il croyait devenir fou, s'arrachant jusqu'à la chair pour ne pas faire quelque chose qui les compromettraient tout deux, lorsqu'elle disparaissait la nuit, pour rejoindre les quartiers du maître.

Puis elle tomba enceinte. Et Ken manqua de la tuer, sous la colère que cette révélation provoqua.
" Calme-toi ! L'enfant est de toi, pas du maître ! " Elle attrapa les deux mains du garçon alors que celui-ci l'avait déjà blessée dans un accès de rage. Du sang coulait le long de ses lèvres de couleur vermeille. " C'est une promesse. "
Ken se calma, non persuadé pour autant. Il ne pouvait être le père de cet enfant- comment un esclave, un simple outil, aurait la priorité sur le maître de la maison ? C'était une immense blague. Mais Hoshi était présente et la grossesse de la jeune femme serait mise à terme s'ils venaient à s'en rendre compte. Il fallait protéger l'enfant. La protéger elle et l'enfant. A force de paroles douces et apaisantes, Hoshi réussi à l'en convaincre. Ken, par ailleurs, ne montrait pas grande résistance quant à ces dires. Il aimait toujours cette femme- plus que tout ce qu'il avait pu aimer, et il ne voulait en aucun cas la perdre.
Les jours suivants se passaient dans l'angoisse. Le Lycanthrope cherchait désormais par tous les moyens une idée pour leur permettre de s'enfuir- de vivre enfin heureux ensembles. Une idée qui libérera le loup. Toutes ses vieilles tentatives de fuite lui avaient laissées un gout amer et il se doutait bien que ce coup-ci, il n'y avait aucun droit à l'horreur. Mais comment réussir à coup sûr quelque chose que l'on a toujours raté ? Comment... Il ne trouva rien. Il profitait de ses missions à l'extérieur, de ces rares fois où, contraint, il quittait le manoir pour aller assassiner des personnes précises au nom de la famille qu'il servait. Il interrogeait alors tout le monde, errait dans les rues. Il suppliait...
Puis il y eut ce jour où Hoshi s'écroula au sol. Ni Ken, ni les maîtres n'étaient là et la brave humaine dû ramper jusqu'aux quartiers des esclaves. Taraudée par une fièvre sans précédente, emprise de panique, elle manqua de mettre elle-même fin aux jours du bébé. Mais elle se ravisa.
Lorsque Ken la trouva, elle était dans un état lamentable. La fièvre n'avait de cesse d'augmenter et la demoiselle peinait à contenir ses cris d'agonie. Le bébé était Lycanthrope, son organisme était trop faible pour lui donner vie.

" Accroche-toi. Je ne vais pas te perdre "

Trahir ses maîtres pour prévenir une cible, un Vampire. S'octroyer sa reconnaissance et son sang guérisseur. Il en apporta à Hoshizora tous les soirs et l'humaine tint bon. Les maîtres ne remarquèrent pas son absence, s'étant lassés d'elle. Elle restait chaque journée alitée. Son ventre grossissait, bien trop vite, et elle cachait la chose sous des vêtements trop serrés, qui suffoquaient, déformaient celui qu'elle portait en son sein. Bientôt, il se révéla qu'ils étaient trois. Trois enfants grouillant dans son ventre, donnant coups de griffes et coups de crocs pour en sortir, là où la majorité des bébés ne donnent que de légers coups de pied...

[Flashback] Une histoire de vie et de mort [OS]

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